40 ans de secteur psychiatrique en (dé)tension : l’âge de la crise ?

25 et 26 juin 2026

Faculté de Médecine, rue des Saints Pères, Paris

Le replay est disponible, cliquez sur le bouton ci-dessous pour y accéder

Édito

Chers participants et participantes aux 29èmes journées nationales des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (Paris, 25-26 juin 2026),

Le site du congrès est maintenant clos mais certaines fonctionnalités restent actives : nous attirons notamment votre attention sur l’onglet « replay » qui vous permettra prochainement de revivre les moments marquants de nos échanges. Nous vous rappelons aussi que nos travaux se prolongeront bientôt par la publication de communications dans les annales médicopsychologiques, revue à comité de lecture organe de la société médico-psychologique avec laquelle nous avons établi un partenariat (le délai d’acceptation des soumissions a été repoussé au 15 octobre : il est encore temps de faire des propositions !).

Nous nous retrouverons avec le même plaisir et le même intérêt en 2028 à Nantes grâce à l’équipe du SMPR.

Mais surtout d’ici là, restons en contact ! Notre exercice n’est pas plus simple que le milieu dans lequel nous le pratiquons mais c’est en continuant sans relâche à échanger et à communiquer que nous garderons nos repères et notre lucidité, que nous défendrons nos positions avec constance, et que nous progresserons pour le plus grand bénéfice des patients que nous avons en charge.

Organiser ces journées a été un grand honneur et un grand plaisir. Mais c’est la participation de chacun qui les a rendues possibles, alors soyez toutes et tous remerciés !

Le comité d’organisation

Billet de Tolten

Les 25 et 26 juin, j’étais aux 29es journées nationales des acteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire. Je suis venu, j’ai attendu et voici ce que j’ai entendu. J’ai cru comprendre qu’on était cuit. La canicule nous a fait fondre dans cet amphi de la faculté de médecine. Mais surtout, il s’est dit que ces 40 ans de secteur psychiatrique en (dé)tension étaient l’âge de la crise.

Madame la ministre était là en visio. Elle nous a dit qu’il y avait 9 UHSA en France pour 440 places. Ce n’est pas mal, mais pour un pays de 69 millions d’habitants, cela fait moins que le nombre d’inscrits à ces journées. Pour moi, ces journées étaient comme une entrée dans un monde nouveau, une sorte de labyrinthe. J’étais comme Thésée en moins taiseux : j’ai tenté de suivre le fil, de ne pas le perdre. Il y avait même plusieurs fils. Certains faits de joie ou de colère, de stress ou de tendresse, d’autres de maux et de détresse…

Avec mes mots, j’ai fait des tresses, proposé quelques textes, quelques croquis sonores pour agrémenter et pimenter ces journées de ma voix. Malheureusement, je n’ai pas la place de les retranscrire dans leur intégralité ici, car ces journées étaient trop riches, trop denses, même trop « chaudes ». Difficile de résumer les résumés, de croquer un croquis. J’en fais quand même la tentative et je prie le lecteur de faire preuve d’indulgence.

40 ans de secteur psychiatrique en détention, ce sont des moments de doute, des changements de route, parfois de déroute… Conflictualité en captivité, rugissement, vents violents : 40 ans comme les 40es rugissants. Est-ce la jeunesse ou la vieillesse ? C’est là où le bât blesse.

En 40 ans, le nombre de détenus a doublé et cela touche toutes les classes sociales : il y a même d’anciens présidents. On parle du lien entre confiance et confidentialité (cela vient du même mot : con). Il y a une dégradation des moyens. Déjà que ce n’est pas un milieu séduisant, que les soignants n’ont pas de bureaux avec vue sur la mer, qu’ils sont confrontés à l’amer des patients et des surveillants, à l’amertume et à la méfiance, et que l’amer tue l’âme de l’enfance, comme un clou qu’on enfonce.

Alors pourquoi les soignants restent-ils ? Ils pourraient sortir puisque les portes sont ouvertes. Ceux qui sont les plus investis font plus de burn-out. Les soignants travaillent de plus en plus en « mode dégradé ». Mais jusqu’où cela sera possible ? On a parlé de recherche, mais on ne sait plus quoi chercher.

Les soignants sont là pour soigner les patients, pas la prison : clinique et brutalité, cadre normé, graines semées sur une terre peu fertile, odeur fétide, subjectivité, donner du monsieur, du madame, malgré les tensions dans des centres de détention (on dit des C.D.). Décéder ? La mort n’est jamais loin, la vie aussi, comme la création et la créativité. C’est à chacun de décider.


Comité d’organisation – SMPR de Paris

Sylvie BROCHET,
Psychologue
Hélène GEORGIOU,
Cadre de Santé
Raphaël GOUREVITCH,
Psychiatre, Chef de service

David TOUITOU,
Psychiatre
Bérénice VANNESSON,
Psychologue

Sous le haut patronage du Ministère de la Santé

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